URGENCE D'UNE RÉVOLUTION HUMAINE...
Nouvelle

09.06.06

Appel au peuple québécois

Par Gaston Marcotte, professeur associé à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval et président fondateur du Mouvement Humanisation.

Au début des années 80, j’ai débuté une recherche sur les fondements en éducation. Je me suis rendu compte, à mon grand étonnement, que le domaine des sciences de l’éducation, auquel j’étais rattaché, ne s’était pas encore doté d’un programme d’humanisation fondé sur une science et un art du développement humain. Cours, conférences, stages, discussions, projets et surtout lectures abondantes sur l’éducation et le développement humain suivirent cette première prise de conscience.

Au cours de toutes ces années d’études et de recherches quatre conclusions s’imposèrent progressivement à mon esprit.

Premièrement, en cherchant une définition de l’éducation fondamentale, j’ai découvert dans le monde de l’éducation une telle confusion conceptuelle que tout discours sur ses fondements était devenu impossible.

Deuxièmement, j’ai pris conscience que ce qui détermine notre niveau d’humanité (conscience de soi, rationalité, langage, volonté, apprentissage, créativité, moralité, autonomie) nous est transmis qu’en potentiel, et que par conséquent chaque enfant a un droit inaliénable aux connaissances, aux pratiques et aux conditions favorables à son processus d’humanisation dont dépend son bonheur et l’avenir de son espèce.

Troisièmement, j’ai réalisé que le monde de l’éducation était dépourvu de programmes systémiques et systématiques d’humanisation, rendant impossible le respect du droit de chaque enfant à une éducation humanisante, parce que les humains n’avaient pas encore cru bon d’élaborer une science et un art du développement humain adaptés à chaque catégorie d’âge.

Quatrièmement, je me suis rendu compte qu’une grande partie de l’ignorance, de la pauvreté, de la misère et de la souffrance qui écrasent sans répit les humains découlent directement de leur sous-développement.

Sensibiliser les Québécois à la nécessité d’élaborer et de diffuser des programmes d’humanisation fondés sur une science et un art du développement humain ne pouvait cependant être l’œuvre d’un seul individu ou d’un petit groupe de personnes. Seul un mouvement social d’envergure pouvait espérer sensibiliser les décideurs sociaux à l’urgence d’aider les humains à s’engager individuellement et collectivement dans un processus intentionnel d’humanisation dont dépendent leur bonheur individuel et collectif et la survie même de leur espèce. Le Mouvement Humanisation, fut lancé en septembre 2004 afin de remplir cette importance fonction sociale au Québec. Ses initiateurs espèrent cependant que des personnes d’autres régions, provinces et pays s’engageront également dans la poursuite d’un but devenu incontournable devant l’état inquiétant de l’humanité et de la planète.

Les Éditions Humanisation ont également publié tout récemment le Manifeste du Mouvement Humanisation. Cet ouvrage jette les bases d’un nouvel humanisme qui appelle à une révolution morale, éducative et sociale pour faire face à la crise humaine et écologique sans précédent que traverse actuellement l’humanité et qui découle en grande partie du sous-développement humain. Il indique clairement certaines étapes que nous devons franchir si nous espérons nous détourner de la voie suicidaire sur laquelle nous nous sommes inconsciemment engagés. Les solutions que le manifeste propose aux multiples défis auxquels l’humanité fait face, se veulent efficaces, économiques et surtout humaines puisqu’elles s’attaquent à leur source principale, c’est-à-dire au sous-développement humain, plutôt qu’à leurs effets multiples comme c’est le cas présentement. Il s’agit d’une approche essentiellement préventive plutôt que curative. Une telle approche contribuera concrètement à diminuer la souffrance humaine et à augmenter notre qualité de vie.

Des spécialistes de renom de différents domaines de la connaissance comme Edgar Morin, Jacques Grand-Maison, Yves St-Arnaud, Thomas de Koninck et Charles Caouette ont examiné le manifeste. Aucun d’entre eux n’a remis en question l’hypothèse de base qui y est présentée à savoir qu’il n’existe pas actuellement de programmes d’humanisation fondés sur une science du développement humain et adaptés à chaque catégorie d’âge.

Le 27 mai dernier, le Mouvement Humanisation a tenu son premier colloque à l’Université Laval sous le thème : « Pour une science de développement humain ». Ce titre sous-entendait que le système actuel d’éducation au Québec était sans véritable fondement. Or, aucun des participants au colloque dont plusieurs enseignants n’a pu démontrer qu’il existe présentement des programmes systémiques et systématiques d’humanisation fondés sur une conception naturelle, complexe et scientifique de la nature humaine et de ses exigences de développement et de bon fonctionnement.

Pourtant, nous possédons actuellement tous les éléments (expérience, science, art, technologie), tous les experts (philosophes, chercheurs, éducateurs, artistes, entrepreneurs) et toutes les institutions (politiques, sociales, culturelles, économiques) pour doter rapidement le Québec de programmes efficaces d’humanisation fondés sur une science et un art du développement humain. N’avons-nous pas alors comme peuple la responsabilité morale d’élaborer de tels programmes afin de respecter le droit de nos enfants aux connaissances, aux pratiques et aux conditions favorables à leur processus d’humanisation et en faire ensuite un don à l’humanité qui en a terriblement besoin. Le Mouvement Humanisation le croit profondément. Voilà pourquoi il invite tous les Québécoises et Québécois à relever ce formidable et incontournable défi.


APPUYER/ADHÉRER AU MOUVEMENT




Dernière mise à jour le 25.05.2011