Ce deuxième colloque du Mouvement Humanisation s’adresse à toutes les personnes préoccupées par la crise qui perdure en éducation au Québec comme ailleurs dans le monde. Cette crise n’est pas due à un problème de contenu ou de pédagogie mais bien à un problème de fondements et de finalité. L’éducation québécoise, faute d’avoir suffisamment clarifié ses concepts et ses fondements, est actuellement dépourvue d’une finalité pouvant donner un sens et une direction aux apprenants comme à l’ensemble des personnes qui y travaillent.
Le Manifeste du Mouvement Humanisation (Marcotte, 2005) a proposé une révolution essentiellement humaine pour se sortir de la crise humaine et écologique sans précédent auquel fait actuellement face l’humanité. Or, il n’y aura pas de véritable révolution humaine sans une révolution éducative. Une telle révolution, devenue urgente, exige cependant la refondation de l’éducation, premier pas vers un monde plus humain. Seule une éducation fondée sur un nouvel humanisme pourra sortir l’éducation actuelle du cercle vicieux des réformes dans lequel elle s’enlise depuis déjà trop longtemps. Un tel humanisme doit être bâti sur une conception naturelle, complexe et scientifique de la nature humaine et de ses exigences de développement et de bon fonctionnement. Sans une telle conception, impossible d’avoir une éducation véritablement humanisante.
Nous aurons le privilège d’accueillie parmi nous M. Edgar Morin pour nous aider à jeter les bases d’une nouvelle éducation apte à détourner l’humanité de sa voie suicidaire actuelle. Cet expert de la pensée complexe de renommée mondiale plaide depuis longtemps pour une réforme de l’éducation qui doit passer par une réforme dela pensée. Seule une pensée complexe peut penser la complexité humaine et relever les défis de plus en plus nombreux, complexes et globaux auxquels font face les humains.