URGENCE D'UNE RÉVOLUTION HUMAINE...
Historique

Bref historique du Mouvement

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Une quête de sens

Lors d’une année sabbatique, à la fin des années 70, le professeur Gaston Marcotte se questionna sur l’orientation future à donner à sa carrière universitaire. Il est arrivé à la conclusion qu’il n’y aurait pas de profession plus importante pour lui que celle d’aider ses étudiants et étudiantes à se connaître et à s’autoréaliser toujours davantage. Il pressentait déjà que le développement humain était crucial au bien-être des individus et à la survie même de l’espèce humaine.


À partir de ce moment, il se pencha sérieusement sur son cheminement professionnel comme éducateur physique ainsi que sur l’institution éducative en général. Cours, conférences, discussions et surtout des nombreuses lectures sur l’éducation suivirent cette prise de conscience. Malgré un doctorat en éducation et plusieurs années d’enseignement universitaire, il se rendit compte qu’il ignorait à peu près tout de la nature humaine et de son développement, excepté sa dimension physique. Pire encore, lorsqu’il a voulu en connaître davantage sur le processus d’humanisation, il n’a trouvé, ni à l’Université Laval où il enseignait, ni ailleurs au Canada ou au États-Unis, aucun programme systémique et systématique du développement humain fondé sur une conception explicite de la nature humaine et les données fournies par les sciences.

 

Une découverte inattendue

C’est en cherchant un programme universitaire d’humanisation qu’il réalisa, avec une certaine incrédulité, qu’il n’existait pas une science et un art du développement humain malgré le discours humaniste et toutes les connaissances disponibles sur l’être humain et son développement. Et c’est en s’efforçant de définir un réseau de concepts clés en éducation qu’il se rendit compte que les systèmes d’éducation n’enseignaient pas l’humain malgré un discours officiel qui parle sans cesse du développement intégral de la personne.


Par la suite, il discuta longuement avec plusieurs professeurs, amis et étudiants de cette problématique pour le moins incompréhensible et inquiétante. Il vérifia auprès d’eux la pertinence sociale d’élaborer et de diffuser un programme axé sur le développement humain.


Sensibilisés à cette lacune évidente des systèmes d’éducation et de la formation universitaire des futurs enseignants, certains étudiants et étudiantes demandèrent au professeur Marcotte de combler cette carence dans leur formation professionnelle. Conscient de son manque de connaissances et d’expertise dans le développement global de la personne, il préféra mettre sur pied un organisme qui permettrait de diffuser les connaissances théoriques et pratiques disponibles sur le développement humain.

 

La création de la Coopérative d’autoactualisation de Québec

En novembre 1991, la Coopérative d’autoactualisation de Québec est mise en place. Une vingtaine d’étudiants du Département d’éducation physique et du Département de counseling de l’Université Laval ainsi que quelques intervenants professionnels se joignirent au nouvel organisme. Le choix du modèle coopératif avait été retenu à l’époque pour sa philosophie de gestion, ses valeurs de participation, d’éducation et d’égalité des membres. La coopérative organisait, quatre à cinq fois par année, des stages de formation donnés par des experts reconnus pour leur intérêt au développement de la personne. Ces stages visaient à combler les déficiences d’une formation universitaire jugée trop spécialisée.


Cette initiative fut très enrichissante et très formatrice pour les membres de la coopérative. Cependant, ils se rendirent compte qu’ils n’avaient pu éviter le piège de la fragmentation des savoirs qu’ils avaient vécue dans leur formation universitaire. Chaque conférencier présentait son modèle disciplinaire du développement de la personne plutôt qu’une approche globale du développement humain à partir d’une conception explicite et complexe de la nature humaine. De plus, les formations étaient, à une seule exception près, exclusivement théoriques.


Après trois ans d’existence, les membres décidèrent de dissoudre la coopérative et de concentrer leurs efforts sur le développement et la mise en place d’une formation universitaire cohérente et intégrée. Cette formation aurait pour but d’offrir aux étudiants la possibilité de connaître et de maîtriser les règles et les pratiques de leur propre développement ainsi que celles qui régissent leurs interactions avec leur environnement social et naturel.

 

Démarche pour l’établissement d’un diplôme de 2ième cycle en développement de la personne

En mai 1994, après la dissolution de la coopérative, le professeur Marcotte relance donc l’idée de créer un programme de formation orienté vers le développement humain et de créer simultanément un Mouvement d’autoactualisation pour rejoindre éventuellement toute la population du Québec. Un premier rapport intitulé «Pour un Mouvement québécois d’autoactualisation» est déposé, en juin 1994, au recteur de l’Université Laval. Le rapport fait ressortir la nécessité de créer un programme systémique et systématique du développement de la personne à l’université.


En janvier 1996, avec l’appui favorable de la Faculté des études supérieures et de la Direction générale de la formation continue, un comité d’élaboration est mis en place pour voir à la création d’un programme de diplôme de deuxième cycle en développement de la personne. Le rapport du Comité, voté à l’unanimité, est déposé en janvier 1997.


Devant les difficultés administratives de faire approuver le rapport du comité d’élaboration qui recommande la création d’un diplôme de deuxième cycle par les instances universitaires, la Faculté des sciences de l’éducation propose la création d’un microprogramme de deuxième cycle de 15 crédits de formation en développement de la personne et la mise sur pied d’un groupe pilote d’étudiants sélectionnés pour contribuer à l’amélioration des contenus des cours et du programme.


En septembre 1999, le premier cours du microprogramme en développement de la personne devait débuter. Vingt-sept (27) étudiants gradués s’étaient inscrits au cours malgré l’absence presque totale de publicité. Malheureusement, le projet avorte à cause d’un malentendu administratif, mais surtout et principalement à cause des conflits de pouvoir et de guerres interdisciplinaires.

 

Un projet pilote sur l’humanisation

En février 2000, un groupe d’étudiants dont plusieurs en provenance du projet pilote en développement de la personne accepte de poursuivre la formation en dehors du cadre universitaire (formation non-créditée) tout en acceptant de défrayer les coûts de cette formation. Convaincus de l’importance d’un tel programme, les vingt personnes inscrites au programme entreprirent des démarches auprès des instances universitaires pour faire reconnaître cette formation. L’Université refusa une deuxième fois de reconnaître un projet pilote sur le développement humain revendiqué par ses propres gradués, offert par ses propres professeurs à l’intérieur de ses propres murs.


Nullement découragés par le refus incompréhensible de l’Université Laval, les professeurs et les étudiants ont fait l’essai d’un projet pilote sur le développement humain. L’expérience fut très positive et des plus enrichissante. Les participants du projet pilote continuent de se rencontrer et d’alimenter des échanges sur les fondements de l’humanisation.

 

Lancement du Mouvement de l’Humanisme Radical

Probablement inspiré du visionnaire Alphonse Desjardins qui créa en mars 1900 le Mouvement des caisses populaires, monsieur Gaston Marcotte a retenu sans le savoir la même date, cent ans plus tard, pour annoncer la création officielle du Mouvement de l’Humanisme Radical et pure hasard, la conférence de presse a eu lieu au pavillon Alphonse-Desjardins de l’Université Laval, le 21 mars 2000. Ce nouveau mouvement éducatif devait sensibiliser les gouvernements et les acteurs sociaux à l’urgence de créer une science et un art du développement humain et d’élaborer et de diffuser dans le grand public des programmes adaptés à toutes les catégories d’âge.


Quatre personnes assument alors la gestion et l’orientation du Mouvement de l’Humanisme Radical. Le comité provisoire est formé de Gaston Marcotte, président, Renée Marcoux, secrétaire du comité, André Beaudoin, conseiller et Bruno Déry, trésorier. Un premier colloque est organisé par le Comité provisoire, le 2 et 3 juin 2000, au pavillon Alphonse-Desjardins de l’Université Laval. Cet événement visait à faire connaître ce mouvement social à l’ensemble des Québécois et des Québécoises. Le premier colloque regroupa près de 100 participants intéressés et motivés par la mission et les objectifs du Mouvement. L’idée de créer un événement annuel fut accueillie avec beaucoup d’enthousiasme.

 

Changement de nom du mouvement

L’Assemblée de fondation du Mouvement de l’Humanisme Radical devait se dérouler à l’automne 2000, quelques mois après le premier colloque du Mouvement, et avait pour but d’élire un conseil d’administration et un comité exécutif pour voir à la bonne marche des opérations de la corporation. Toutefois, cette assemblée n’a pas eu lieu parce que les responsables du Mouvement estimèrent qu’ils n’avaient pas toutes les ressources humaines et matériels nécessaires pour lancer officiellement un mouvement d’une telle envergure. De plus, la présence du concept «radical» dans le nom du mouvement souleva des craintes et des interrogations. Un comité consultatif fut mis sur pied pour trouver un nom moins menaçant et qui exprimerait plus clairement la mission du mouvement. Le choix final s’arrêta sur le nom «Mouvement Humanisation». Le 11 décembre 2001, le Mouvement Humanisation fut légalement reconnu par le Gouvernement du Québec comme un organisme sans but lucratif.

 

Le développement humain en éducation physique

Pendant toute cette période, le professeur Marcotte, avec la collaboration de quelques collègues du Département d’éducation physique de l’Université Laval, réussit à intégrer dans la formation des futurs éducateurs et éducatrices physiques des cours sur le développement humain. Dans le programme de 2004-2005, on retrouve les cours suivants : Développement humain en éducation physique et sportive, Développement moral en éducation physique et sportive, Milieu naturel et développement humain, Affectivité et habiletés relationnelles en éducation physique et sportive. C’est dans les deux cours qu’il a élaborés et enseignés sur le développement humain et le développement moral que le professeur Marcotte a obtenu ses plus grands succès auprès de ses étudiants. Ces derniers avaient pris l’habitude de l’applaudir à la fin de chaque session. Cette reconnaissance de la part de ses étudiants confirmait à ses yeux ses intuitions sur l’importance du développement humain dans la formation des futurs enseignants.

Lancement du Mouvement Humanisation

En septembre 2004, le professeur Marcotte prend sa retraite après 40 ans de vie universitaire afin de se consacrer entièrement à la mise sur pied du Mouvement Humanisation. Christophe Navel, un de ses anciens étudiants, quitte sa France natale pour venir aider son ancien professeur à relever cet important défi. Avec l’aide de Bruno Déry, ils dotent le mouvement d’un siège social ainsi que d’une constitution provinciale et régionale. Ils lancent en mars 2005 la première campagne de recrutement et de financement afin de recruter des membres et de recueillir des fonds indispensables à la mise en place de la structure administrative, du personnel et des programmes d’humanisation nécessaires à la réalisation des objectifs du Mouvement Humanisation.

 

Premier programme d’autohumanisation

Quinze ans de lectures, de réflexion, de discussions et d’essais ont permis au professeur Marcotte de se doter d’une conception globale de la nature humaine et de son développement et d’une philosophie humaniste qu’il considère comme vitale à l’avenir de l’humanité. Le 13 mars 2004, le Mouvement Humanisation lance son premier programme d’autohumanisation.


Sans publicité aucune, une quinzaine d’anciens étudiants et étudiantes du professeur Marcotte et quelques nouveaux candidats s’engagent dans un programme d’autohumanisation. Ce nouveau programme offre un encadrement aux participants dans leur processus d’autohumanisation. Il vise également à établir les fondements d’une éducation humanisante et d’une nouvelle profession.

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Dernière mise à jour le 09.07.2010